Le 12 septembre 1968, Pierre Mulele arrive à Brazzaville, en compagnie de sa compagne Léonie Abo et de Joseph Makindua, à bord d'une petite pirogue. Arrivés à Brazzaville, ils sont immédiatement placés en résidence surveillée, avant d'être envoyés à Kinshasa le 29 septembre. Pierre Mulele y sera assassiné dans la nuit du 2 au 3 octobre 1968.
Les autorités de la République populaire du Congo étaient déjà en pourparlers avec leurs collègues du Congo-Kinshasa. C'est pourquoi ils intimèrent l'ordre à Mulele de rejoindre Kinshasa pour, officiellement, prendre part au processus de réconciliation nationale dans le cadre de l'amnistie générale proclamée par le Général Joseph-Désiré Mobutu.
L'histoire de Pierre Mulele commence au lendemain de l'assassinat de Patrice Emery Lumumba (en janvier 1961). Cette mort révolte profondément Pierre Mulele qui se décide, quelques mois plus tard, à prendre le maquis dans sa région natale du Bandundu pour poursuivre l'œuvre du "maître".
Jusqu'en décembre 1967, Pierre Mulele et ses lieutenants (dont sa fidèle compagne Léonie Abo), installés à Matende-Lukamba, animeront le mouvement insurrectionnel qui s'étendra dans l'est du pays (Kisangani, Bukavu, Uvira, Fizi, Maniema, etc).
En début 1968, harcelé par les troupes de Mobutu et ses mercenaires, Pierre Mulele fait face à d'insurmontables difficultés logistiques, les renforts en armes, en hommes et en cadres lumumbistes qu'il attend de Brazzaville tardent à venir. C'est ainsi que ce 12 septembre 1968, Pierre Mulele, Léonie Abo et Joseph Makindua se décident de quitter le pays et de rejoindre la République populaire du Congo. A leur arrivée, ils sont placés en résidence surveillée.
Le 28 septembre, Justin Marie Bomboko (alors ministre des AffEt de Mobutu) déclarera: "L'amnistie générale décrétée à Kin par le général Mobutu est valable pour tous. Nous accueillerons donc Mulele en frère. Il travaillera avec nous pour la libération totale de notre pays".
Pierre Mulele est contraint à rentrer alors au pays le 29 septembre 1968, provoquant le courroux du Haut-commandement militaire, plus particulièrement des généraux Bobozo et Singa qui tenaient à tout prix à venger le colonel Ebeya et tant d’autres victimes des guerres mulelistes. Ils furent soutenus par le Président Mobutu, rentré au pays le 2 octobre 1968 (en provenance de Rabat). Juste à sa descente d'avion, Mobutu indiquera que c’est lui le chef de la diplomatie congolaise, et que sa parole valait plus que celle du ministre des Affaires étrangères. Mobutu dira : "Mulele est responsable de la mort et des mutilations de plusieurs militaires dont les épouses et les enfants pleurent au camp. Il devra être jugé".
Le même jour, vers 17h, Pierre Mulele, sa compagne Abo, une de ses sœurs Thérèse et son camarade Zénon Mibamba furent conduits au camp militaire Lieutenant colonel Kokolo. Pierre Mulele fut atrocement assassiné au cours de cette nuit-là.

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